Les sécheresses et les canicules fragilisent durablement les forêts du Grand Est. Face à ces épisodes climatiques de plus en plus fréquents, l’adaptation des peuplements devient un enjeu majeur pour l’avenir de la filière forêt-bois.

La sécheresse fragilise durablement les forêts du Grand Est
Les sécheresses et les épisodes de canicule qui se succèdent ont des conséquences durables sur l’état sanitaire des forêts du Grand Est. Selon la note sanitaire publiée par le Pôle Santé des forêts en novembre 2025, ces stress hydriques répétés affectent aujourd’hui la quasi-totalité des essences forestières présentes dans la région.
Lorsqu’il manque d’eau, l’arbre limite sa transpiration et ralentit sa photosynthèse. Si le déficit se prolonge, il puise dans ses réserves jusqu’à épuisement, ce qui entraîne un dépérissement progressif, voire la mort de l’arbre, et le rend plus vulnérable aux maladies et aux ravageurs.
Des essences forestières de plus en plus vulnérable
Dans le Grand Est, l’épicéa a été l’essence la plus touchée, avec une crise des scolytes qui a affecté les pessières de plaine ces dernières années. Le sapin pectiné présente également des signes de dépérissement. Il est marqué par un rougissement observé dans les sapinières vosgiennes, tout comme le hêtre, considéré jusqu’ici comme plus résistant. Pour anticiper ces évolutions, les gestionnaires publics et privés expérimentent des essences alternatives présentant une meilleure résistance à la sécheresse.
Des conséquences pour la filière forêt-bois et la gestion forestière
Ces crises sanitaires ont également des conséquences directes sur l’activité des entrepreneurs de travaux forestiers. Depuis 2018, environ 37 millions de m³ de bois de crise ont été récoltés dans le quart Nord-Est de la France. Cette situation implique des chantiers réalisés dans des délais contraints et avec des surcoûts qui pèsent sur les prix de vente. Ces contraintes touchent particulièrement les entreprises de petite taille, aux marges déjà réduites.
Face à ces évolutions, l’adaptation des peuplements aux nouvelles conditions climatiques devient un enjeu central pour la gestion forestière régionale et nécessite une mobilisation coordonnée de l’ensemble des acteurs de la filière.
